Lorsque les Américains sont arrivés par la route de Bascoup à Anderlues, au lieu-dit ‘au Roi des Belges’ tous les gens du village voulaient aller saluer nos ‘libérateurs’.
Ce matin-là, mon père avait fait jurer à ma mère de rester sagement à la maison. C’était risqué, disait-il. (Il faisait, avec mon frère, partie de « l’Armée Secrète »).
La promesse faite fut mise aux oubliettes et c’est à travers champs et prairies que nous partîmes vers le lieu-dit.
Lorsque, enfin, nous sommes arrivés à destination, une foule imposante se pressait sur le bord de la route et manifestait bruyamment sa joie.
Quelques temps après, (je ne me souviens plus par quelle circonstance) je fis la connaissance de 2 soldats américains.



J’ai gardé les photographies de ces soldats avec au verso une adresse indéchiffrable. J’ai aussi le porte-mine offert à mon père par « Joseph ? »
Encore aujourd’hui, je m’en sers avec émotion, étant certaine qu’il garde en lui l’empreinte des mots écrits et envoyés à des êtres chers.
Et puis… ! Il y a cette idée persistante dans ma petite tête … « Sait on jamais, quelqu’un pourrait les reconnaître » … Oui, je sais, je rêve comme l’enfant que j’étais alors ….


J‘ai essayé, vainement, de retrouver leurs traces … Peine perdue …
Peine profonde pour moi … !